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Un Pilote Vaudois Déroute Son Airbus Pour Sauver La Vie D’un Passager

Un pilote vaudois déroute son Airbus pour sauver la vie d’un passager

Un septuagénaire japonais doit la vie à un pilote vaudois. Mercredi, le commandant de bord Jean-Daniel Gerhard, de Payerne, a dérouté son Airbus avec plus de 207 passagers à bord et 13 membres d’équipage pour le poser en urgence à Ekaterinbourg, en Russie.

Le septuagénaire souffrait d’une grave occlusion intestinale, son pronostic vital était engagé. Il a été pris de violentes douleurs alors que l’appareil, qui avait décollé de Tokyo pour Zurich quatre heures auparavant, survolait la région de Yakutsk, en Sibérie. Autant dire au milieu de nulle part.

«Entre la Sibérie et la Chine, il n’y a pas pire endroit pour ce genre d’urgence, explique le pilote. Nous survolions des zones totalement reculées. Il y avait un réel danger et nous ne savions pas où atterrir. Soit les aéroports sont trop petits pour en redécoller, soit trop vétustes. Ou alors la prise en charge médicale est inexistante.»

Le commandant Gerhard engage une procédure de catastrophe, qui lui laisse carte blanche. Le fameux «Mayday mayday mayday».

En trente ans de carrière et avec 16 000 heures de vol à son actif, c’était la première fois. «En situation de catastrophe, ce n’est plus le contrôle aérien au sol qui décide du trajet, mais le pilote», dit-il.

Durant plus de quatre heures, le commandant, en liaison constante avec la centrale de Swiss, à Zurich, et les spécialistes de la Rega, cherche un endroit où se poser. Ce déroutage est rapporté instantanément sur des sites de passionnés d’aviation, puis dans divers médias russes ou sur 20minuten.ch.

Chasse aux aéroports

«Il y avait un vrai risque que le passager décède», raconte le pilote. Par chance deux médecins sont à bord. Un Japonais et une médecin des HUG, à Genève. Ils prodiguent les premiers soins et posent un diagnostic inquiétant: il doit être opéré dans les plus brefs délais. «C’était une question d’heure, pas plus. Il était impensable d’attendre Zurich.»

L’appareil poursuit sa route initiale pendant que le commandant et ses deux copilotes évaluent plusieurs stratégies. «C’était la galère: sur certains aéroports où un atterrissage était possible, nous n’avions pas les cartes d’approche. Un autre a préféré fermer à notre arrivée. La plupart n’étaient pas équipés pour recevoir un Airbus A 340-313», raconte Jean-Daniel Gerhard.

A l’arrière, les deux médecins ne quittent pas le malade. Ils utilisent le kit médical équipant chaque avion de Swiss. Cette trousse scellée ne peut être utilisée que par des professionnels. Le patient japonais subit deux drainages (urinaire et stomacal), puis est mis sous morphine.

Pendant ce temps, l’avion descend. Malgré la pressurisation de l’appareil, le patient souffre de la pression à l’intérieur du fuselage, elle lui fait très mal. L’Airbus, qui croisait à 11 000 mètres, doit descendre à 6000 mètres pour la rendre supportable au malade. «On voyait le sol, tout était gelé. A terre, il faisait – 15 degrés.» Les autres passagers, moitié Asiatiques moitié Européens, restent calmes. Au micro, le commandant explique en trois langues tout ce qui se passe.

Plusieurs destinations sont évoquées: Moscou, Helsinki. Toutes sont loin. Jean-Daniel Gerhard ne prend pas de risque: il met le cap sur Ekaterinbourg, plonge au sud, à près de 3000 kilomètres de sa route initiale.

L’Airbus volera encore quatre heures avant de se présenter en phase d’approche. Malgré ses huit heures de vol depuis Tokyo, les réservoirs sont encore bien remplis. Il doit larguer plus de 2 tonnes de kérosène pour se poser.

«Le temps file très vite»

«Une ambulance attendait sur le tarmac, tout a été très vite, dit le pilote. Le passager est descendu avec sa femme, les deux médecins ont fait un rapport aux médecins russes, et l’ambulance est partie sirène hurlante. Apparemment, il a été opéré dans l’heure.»

Pas question pour les passagers de descendre de l’appareil durant cette escale forcée. L’Airbus charge 17 tonnes de kérosène, subit quelques contrôles techniques et redécolle après plus d’une heure au sol. Il arrivera à Zurich cinq heures plus tard. Au final, le trajet aura duré plus de seize heures.

«C’était très intense, constate le commandant de bord. Le temps file très vite quand vous savez que quelqu’un peut mourir et que vous devez trouver une solution. Ma seule petite frustration, c’est de ne pas avoir de nouvelles. J’espère qu’il va bien et qu’il s’en est remis.»

Meike Fuhlrott, porte-parole de Swiss, reconnaît qu’un tel incident est relativement rare: «Dans ce genre de circonstances, c’est le commandant qui prend la décision. Lorsqu’il s’agit d’un cas médical grave et justifié comme celui-ci, c’est notre compagnie qui prend tous les frais supplémentaires d’une telle escale à sa charge. Il n’en irait pas de même si c’était le comportement du passager qui posait problème.» (24 heures)

Source: http://www.24heures.ch/vaud-regions/pilote-vaudois-deroute-airbus-sauver-vie-passager/story/31915872

newsnow

La vérité est très souvent différente de ce que nous pensons, nous avons besoin d'un bon paquet d'humilité pour au moins le reconnaître...

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