Un chercheur découvre un médicament capable d’inverser les symptômes de l’autisme

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Le trouble du spectre de l’autisme se caractérise par une gamme de troubles du développement tels que les difficultés de communication et de langage, les comportements répétitifs et l’incapacité à socialiser. Il commence dans l’enfance et se poursuit durant l’adolescence jusqu’à l’âge adulte avec des symptômes apparaissant dans les cinq premières années de la vie. Cependant, suite à des recherches, les résultats ont montré que les symptômes de l’autisme peuvent être inversés.

Les statistiques

Selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et le Secrétariat d’État auprès du Premier ministre chargé des Personnes handicapées, en France, 650 000 personnes vivent avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA) soit 1% de la population. Sur la base de ces statistiques, cette condition est trois fois plus fréquente chez les garçons que chez les filles.

Selon le Dr Wendy Roberts, directrice médicale des services intégrés pour les troubles de l’autisme et du développement neurologique, il n’existe pas qu’un seul médicament qui cible les principaux symptômes de l’autisme. Les médecins ont tendance à emprunter des médicaments contre d’autres troubles tels que l’anxiété ou l’inattention, ce qui confirme le besoin criant d’un médicament capable de traiter tous les symptômes de l’autisme.

Dans un même temps, un professeur de médecine, de pédiatrie et de pathologie à la faculté de médecine de San Diego aux États-Unis pense avoir trouvé un médicament susceptible d’aider les enfants atteints de TSA.

Les recherches de Robert Naviaux sur la suramine et le TSA

En 2017, le docteur Robert Naviaux, co-directeur du Centre des maladies mitochondriales et métaboliques de l’École de médecine de l’Université de San Diego, a mené une étude clinique sur un médicament vieux de 100 ans appelé suramine chez les enfants atteints du trouble du spectre de l’autisme. La suramine est un médicament mis au point en 1916 pour traiter la maladie du sommeil et la cécité des rivières (l’onchocercose) causée par des parasites.

Cet essai clinique a débuté par une étude d’innocuité en double aveugle, contrôlée par placebo, à laquelle ont participé 10 garçons âgés de 5 à 14 ans, tous atteints du TSA. La moitié d’entre eux ont reçu une seule perfusion de suramine. Ensuite, les cinq autres garçons ont reçu un placebo.

Des résultats très positifs

Les résultats de cette recherche ont été remarquables. Les cinq garçons qui ont reçu la perfusion de suramine ont montré des améliorations du langage et du comportement social, des comportements restreints et répétitifs et des capacités d’adaptation.

D’après le docteur Naviaux, deux des cinq enfants ayant reçu la perfusion de suramine, un garçon de six ans et un garçon de 14 ans, ont prononcé les premières phrases de leur vie environ une semaine après avoir reçu la perfusion. Chose qui ne s’est pas produite chez les enfants ayant reçu le placebo.

Ce constat particulier a été remarqué par leurs parents à qui on a demandé d’enregistrer tout changement de comportement pendant une période de 6 semaines seulement si le changement durait à minima une semaine.

Pour le garçon de 14 ans, en plus des premières phrases prononcées, il a connu une amélioration considérable après avoir reçu la suramine. L’un de ses parents a déclaré que moins d’une heure après la perfusion, leur enfant a commencé à établir un contact visuel avec le médecin et les infirmières dans la pièce. Il s’est intéressé au jeu du cache-cache avec son frère de 16 ans. Les parents ont constaté un réel progrès de leur fils en seulement six semaines.

Cependant, les avantages de la suramine étaient temporaires. Les améliorations dont les parents ont été témoins dans les fonctions cognitives et le comportement de leur garçon ont atteint leur apogée, puis elles se sont lentement éteintes lorsque la dose unique de suramine a été épuisée. Mais ses résultats notables ont montré que la suramine est efficace à un certain niveau.

Des études plus vastes sont nécessaires

Les recherches du docteur Naviaux ont été réalisées sur un petit échantillon et doivent donc être testées à plus grande échelle avec des groupes plus diverses de personnes atteintes du TSA, afin de confirmer ces premiers résultats.

Pour le docteur Naviaux, cette étude initie une renaissance dans le développement d’un médicament traitant le trouble du spectre de l’autisme. La suramine offre alors de l’espoir pour améliorer la vie de nombreux enfants.

Cette étude était très coûteuse. Le docteur Naviaux a déclaré qu’il n’avait pas les fonds suffisants pour mener une étude plus vaste. Les dépenses ont chiffré à plus de 430 000€ pour terminer l’étude.

Mise en garde

Il est important de noter que la suramine n’est pas encore un traitement approuvé pour l’autisme. Il n’est pas encore commercialisé et comporte quelques risques lorsqu’il est administré de manière incorrecte à une certaine dose ou avec un programme inapproprié, et sans surveillance médicale adéquate.

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