Papillomavirus : un nouveau vaccin plus efficace est disponible en France

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Le Gardasil 9 protège contre neuf souches de papillomavirus humain (HPV), principal responsable du cancer du col de l’utérus, contre quatre souches pour l’ancienne version.

Il était attendu depuis plusieurs mois… le Gardasil 9 est désormais disponible en France. Comme le Gardasil qu’il remplace, le Gardasil 9 est recommandé pour toutes les jeunes filles entre 11 et 14 ans (deux doses nécessaires), avant leur entrée dans la vie sexuelle ou en rattrapage (trois doses) jusqu’à 19 ans inclus.

Depuis 2016, la vaccination a été étendue aux hommes de moins de 26 ans ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Les papillomavirus humains sont à l’origine de cancers du col de l’utérus, mais aussi de cancers du vagin, de la vulve, de l’anus et de cancers ORL. Le Pr Robert Cohen, pédiatre infectiologue à l’hôpital intercommunal de Créteil, répond à nos questions.

  • A quoi sert le vaccin contre le papillomavirus humain ?

​Pr Robert Cohen : « Il faut rappeler que les papillomavirus humains sont des virus extrêmement répandus dans la nature, il y en a plus d’une centaine. Ils se transmettent essentiellement par rapports très proches, souvent par rapport sexuel. On estime que 75% des adultes vont être à un moment ou à un autre contaminé par un papillomavirus. L’ancienne version du Gardasil permettait de se protéger contre 4 souches de papillomavirus, à l’origine de 70% des cancers du col de l’utérus, du vagin, de la vulve, de l’anus ou du pénis. Le Gardasil 9 protège contre 9 souches de HPV, à l’origine de 90% de ces cancers, il est donc plus efficace. »

  • En France, moins de 20% des jeunes femmes sont vaccinées. Comment expliquer ces réticences ?

Pr Robert Cohen : « On a subi pendant des années des polémiques anti-vaccinales multiples, qui ont touché tous les vaccins, mais qui ont touché particulièrement le vaccin contre l’hépatite B et le vaccin contre le papillomavirus. La deuxième raison, c’est que les pays qui sont arrivés à des taux de couverture vaccinale élevés (plus de 80% au Royaume-Uni NDLR) y sont généralement parvenus en organisant une vaccination scolaire parce que ça n’est pas si facile que ça d’obtenir des taux de vaccination élevés chez les adolescents parce qu’ils ne sont pas en permanence dans les cabinets médicaux comme peuvent l’être les nourrissons et les jeunes enfants. Or en France, il n’y a pas cette vaccination scolaire. Donc on va mettre un peu de temps à atteindre ces taux de couverture vaccinale. Mais je pense que l’on peut y arriver parce que c’est un vaccin qui est tellement important sur le plan de la santé publique qu’il faut qu’on y arrive. »

  • Dans certains pays, le vaccin est recommandé pour tous les garçons. Faudrait-il faire la même chose en France ?

Pr Robert Cohen : « A mon avis, clairement oui. La ministre de la Santé en a parlé, le Comité technique des vaccinations aussi… Aujourd’hui, vingt pays recommandent la vaccination chez le garçon, dont l’Australie et l’Autriche par exemple. L’intérêt, c’est que ce vaccin permet de protéger contre les cancers anaux qui touchent l’homme mais aussi contre les cancers ORL, dont 60% sont liés au papillomavirus. En éliminant ces papillomavirus, on peut espérer avoir un effet sur ces cancers ORL. »

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