Les féminicides sont toujours aussi nombreux : 109 femmes tuées en 2017

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Depuis 2015, le nombre de féminicides conjugaux ne diminue plus, alors qu’il avait drastiquement baissé entre 2007 et 2014 (il était passé de 166 à 118). Un constat alarmant dressé par l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), qui a publié un rapport sur le sujet le 14 mars. Son étude se base sur les chiffres du ministère de l’Intérieur.

109 féminicides conjugaux en 2017

Pourquoi employer le mot féminicide et non pas l’expression « homicide conjugal », largement utilisée ? Si le terme reste pour le moment absent du droit français, il a fait son entrée dans Le Petit Robert en 2015. On qualifie de féminicide un homicide perpétré sur une femme en raison de sa condition de femme. Les hommes représentant 88% des auteurs d’homicide conjugaux, le caractère misogyne de l’acte est quasi-systématique. De plus, « le passage à l’acte est souvent motivé par la séparation du couple (64,8%) et le désir de possession du partenaire [homme] » écrit dans une étude la psychiatre et légiste Alexia Delbreil, qui a consacré une thèse à ce sujet. On peut donc légitimement employer le terme de féminicide pour la grande majorité des homicides conjugaux.

En détails, l’ONDRP fait état de 109 féminicides conjugaux pour l’année 2017. Le même nombre qu’en 2016, légèrement inférieur à celui de 2015 (115).

Plus de huit fois sur dix, le crime est perpétré au domicile conjugal, chez la victime ou chez le meurtrier. Il a lieu après une dispute dans 32% des cas, et après une séparation dans 26% des cas. Une fois sur deux, les victimes ont déjà subi des violences conjugales, physiques ou psychologiques.

98.500 faits de violences n’entraînant pas la mort

D’après l’ONDRP par ailleurs, 98.500 faits de violences faites aux femmes n’entraînant pas la mort ont été enregistrées en 2017. Une augmentation de 1,5% par rapport à 2016. Dans 11% des cas, ces violences sont accompagnées de menaces de mort. Dans 2% des cas, ce sont des viols.

Selon l’ONDRP enfin, les procédures engagées après des violences sont plus lourdes, car on constate une baisse du nombre de mains courantes, ainsi qu’une hausse du nombre de dépôts de plainte. « De nombreux parquets ont donné aux services d’enquête la consigne de diligenter systématiquement une enquête dès lors qu’ils ont connaissance de violence au sein du couple, nonobstant le refus de la victime de déposer plainte » argumente l’observatoire.

Si l’observatoire n’a pas encore communiqué de données pour les années 2018 et 2019, le collectif bénévole Féminicides par (ex)-compagnons a réalisé son propre décompte. Il recense 119 féminicides conjugaux en 2018, et 30 depuis le début de l’année.

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