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Glyphosate : Lourde Condamnation De Monsanto Aux Etats-Unis

Glyphosate : lourde condamnation de Monsanto aux Etats-Unis

Vendredi, le géant américain Monsanto a été condamné à verser 290 millions de dollars de dommages à un jardinier de 46 ans. Le tribunal de San Francisco a estimé que le cancer de Dewayne Johnson était bien lié à l’utilisation du Roundup. Cette condamnation réjouit les opposants au glyphosate et pourrait faire jurisprudence. Monsanto est en effet au cœur de polémiques dans de nombreux pays.

Une condamnation qui réjouit les opposants au glyphosate

La lourde condamnation du géant agrochimique Monsanto, vendredi aux Etats-Unis, pour ne pas avoir informé de la dangerosité du Roundup, a réjoui samedi les adversaires du glyphosate, le produit chimique contenu dans cet herbicide qu’ils souhaitent voir interdit en France. Le gouvernement français s’est félicité de cette décision par la voix de Brune Poirson, la secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique, pour qui ce « jugement historique » confirme la décision pionnière d’Emmanuel Macron : interdire le glyphosate dans trois ans. Soulignant que la France était « chef de file dans la mobilisation en Europe contre le glyphosate mais aussi contre les insecticides tueurs d’abeilles », elle a affirmé sur Twitter que le gouvernement s’était « battu pour construire une coalition d’États européens contre le glyphosate pour 10 ans ».

« Ce jugement, c’est une nouvelle fois la preuve que les pesticides sont dangereux pour la santé, des utilisateurs en premier lieu – et donc des paysans et des paysannes -, et puis par ricochet aussi de ceux qui consomment les produits », a indiqué à l’AFP le porte-parole de la Confédération paysanne, Laurent Pinatel.

Europe-Écologie-Les Verts a jugé que la condamnation de Monsanto était « historique ». « Les écologistes demandent solennellement au gouvernement de cesser de tergiverser sur le glyphosate et les pesticides qui détruisent notre santé et la biodiversité », a écrit EELV. « Plutôt que de gagner du temps pour les intérêts de quelques-uns, la France doit appliquer le principe de précaution sans tarder, et débloquer immédiatement les fonds nécessaires pour aider les agriculteurs à se passer de ces produits dangereux », a ajouté le parti.

Plusieurs associations françaises de défense de l’environnement (comme Greenpeace, Générations futures ou Combat Monsanto) ont également salué la condamnation du groupe américain, désormais propriété de l’allemand Bayer.

La dangerosité du Roundup a été cachée

Vendredi 10 août, le jury d’un tribunal de San Francisco a condamné Monsanto à payer près de 290 millions de dollars de dommages à Dewayne Johnson. Ce jardinier américain de 46 ans estimait que les produits de Monsanto, et notamment le Roundup qu’il avait vaporisé pendant des années, avaient entraîné son cancer et que la multinationale avait sciemment caché leur dangerosité. Les jurés ont déterminé que Monsanto avait agi avec « malveillance » et que son herbicide Roundup, ainsi que sa version professionnelle RangerPro, avaient « considérablement » contribué à la maladie de M. Johnson. Ce père de trois garçons a été diagnostiqué en 2014 d’un lymphome non hodgkinien, un cancer incurable du système lymphatique. Les médecins lui donnent moins de deux ans à vivre. M. Johnson, qui n’avait pas de problème de santé auparavant, a expliqué lors de son témoignage qu’il n’avait aucune idée des controverses sur le glyphosate avant de voir des marques sur sa peau et de se renseigner sur Internet.

De son côté, le groupe Bayer  a assuré que son produit phare était « sûr et non cancérogène ». Il a décidé de faire appel de la condamnation.

Cancérigène probable selon l’OMS

Classé « cancérigène probable » depuis 2015 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le glyphosate est utilisé sous diverses marques, la plus célèbre étant le Roundup fabriqué par le groupe américain Monsanto, qui appartient désormais au géant allemand de la chimie Bayer. Dans plusieurs pays, ce produit a créé (et créé toujours) des polémiques importantes quant à ses risques pour la santé et l’environnement.

Etats-Unis

En plus du procès de M. Johnson, des milliers de procédures contre Monsanto sont en cours aux Etats-Unis, à des degrés divers d’avancement.

Europe

Après deux ans de débat particulièrement houleux, fin 2017, les Etats membres de l’Union européenne (UE) ont renouvelé pour 5 ans la licence du glyphosate. La Commission européenne, organe exécutif de l’Union, met en avant le feu vert de ses agences scientifique, l’Efsa (sécurité des aliments) et l’Echa (produits chimiques), qui n’ont pas classé la substance comme cancérigène. Mais l’indépendance de l’Efsa a été mise en doute par des révélations de journaux selon lesquels son rapport comporterait des passages copiés/collés d’un document déposé en 2012 par Monsanto.

France

Le gouvernement français a promis en mai que le glyphosate serait interdit « dans ses principaux usages » d’ici 2021, et « pour tous les usages » d’ici cinq ans.

Suite à la découverte de glyphosate dans du miel, un syndicat apicole a porté plainte en juin dernier contre Bayer, à Lyon, où se trouve le siège français du géant allemand. Une enquête préliminaire pour « administration de substances nuisibles » a été ouverte, sans viser spécifiquement Bayer.

A l’automne 2017, un juge français, devant juger des défenseurs de l’environnement poursuivis pour avoir vandalisé des bidons contenant du glyphosate, a saisi la justice européenne sur la dangerosité de ce produit.

En 2009, la Cour de cassation, plus haute juridiction française, avait condamné Monsanto à 15.000 euros d’amende pour « publicité mensongère », car le géant américain vantait le RoundUp comme « biodégradable ».

Argentine

Troisème producteur mondial de soja, derrière les Etats-Unis et le Brésil, l’Argentine consomme des quantités massives de glyphosate. Dans certains plaines fertiles de la Pampa, le conflit est quotidien entre des habitants préoccupés et les producteurs agricoles, pour qui le produit est indispensable. Sans législation nationale, les maires ont émis des arrêtés municipaux pour encadrer la fumigation. Ces règles sont généralement contestées par les producteurs, ce qui accentue le conflit.

Brésil

Début août, une juge de Brasilia a ordonné la suspension pour 30 jours de l’enregistrement auprès des autorités de tout nouveau produit à base de glyphosate, afin que l’agence brésilienne de veille sanitaire procède à leur « réévaluation toxicologique ». Le gouvernement brésilien entend déposer un recours pour tenter d’annuler cette décision avant la prochaine récolte.

La première puissance économique et agricole d’Amérique latine utilise largement les désherbants au glyphosate, notamment dans les plantations de soja.

Salvador

Le Parlement avait voté en septembre 2013 le retrait du marché de 53 produits agrochimiques, dont des désherbants et des pesticides. Une décision partiellement annulée par le président de l’époque Mauricio Funes. Il avait demandé que sur ces 53 produits, 11 pesticides ne soient pas retirés, au motif qu’ils étaient très utilisés et qu’ils n’étaient pas interdits au niveau international. Un comité technique avait alors été mis en place et la situation n’a guère évolué en cinq ans. Le glyphosate est toujours vendu au Salvador.

Sri Lanka

Le gouvernement sri lankais a interdit les importations de glyphosate en octobre 2015, suite à la campagne menée par un moine bouddhiste. Des organisations agricoles ont critiqué le gouvernement pour ne pas avoir mené d’autres recherches scientifiques, affirmant que l’interdiction leur avait coûté la perte de 10% des 300 millions de kilos de thé produits annuellement. En juillet dernier, le gouvernement a réautorisé les importations, mais restreint l’utilisation du glyphosate aux plantations de thé et de caoutchouc.

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La vérité est très souvent différente de ce que nous pensons, nous avons besoin d'un bon paquet d'humilité pour au moins le reconnaître...

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