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France: Viande Avariée Polonaise : 150 Kilos Ont été Vendus à Des Consommateurs

France: viande avariée polonaise : 150 kilos ont été vendus à des consommateurs

Les services sanitaires du ministère de l’Agriculture ont retrouvé 795 kg de viande avariée d’origine polonaise qui ont été livrés à 9 entreprises du secteur agroalimentaire en France. Chez ces entreprises « dupées », 500 kg ont déjà été récupérés mais 150 kg ont été vendus au consommateur via notamment des boucheries.

795 kilos de viande avariée polonaise livrés dans neuf entreprises françaises

En plein procès Spanghero relatif à l’utilisation de viande de cheval vendue comme du bœuf dans des plats cuisinés, le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume révèle sur Cnews que services sanitaires de son ministère ont retrouvé « 795 kilos » de viande avariée polonaise dans « neuf entreprises » du secteur agroalimentaire en France. Sur les 795 kilos, « 150 ont déjà été récupérés » auprès des entreprises françaises « dupées« , on ne sait pas à l’heure actuelle où est le reste comme l’avoue le ministre : « Je pense que dans la journée on saura où on en est (…) la traçabilité des produits lorsqu’ils arrivent en France marche plutôt bien (…) On ne sait pas s’ils sont partis dans le commerce, cela a pu rester dans des frigos. C’est une fraude terrible, une fraude économique, une fraude sanitaire d’un abattoir polonais. Nous avons appris cela avant-hier soir et avons mis toutes nos équipes dessus« .

500 kg de viande frauduleuse retrouvés sur les 795 kg

Le 1er février, le ministère de l’Agriculture précise que 650 kg ont finalement été retrouvés sur les 795 kg : « sur ces 795 kg, 500 kg ont été bloqués et seront détruits, 150 kg ont été vendus au consommateur via notamment des boucheries. Les 145 kg restants ont été identifiés dans des lots de viande commercialisés par des grossistes, boucheries ou restaurants. Une partie de ces lots a pu être retirée du marché. Les boucheries concernées ont mis en place des affichettes pour informer leurs clients et rappeler ces produits frauduleux. A ce stade, quelques dizaines de restaurants et de boucheries sont concernés, en région Ile de France principalement, et dans les départements d’Ille et Vilaine (35) et du Loiret (45). Ces chiffres seront précisés en début de semaine prochaine après consolidation des données au niveau national« .

Le ministère précise également que « Cette viande est impropre à la consommation car elle n’a pas fait l’objet d’une inspection officielle à l’abattoir mais aucun élément ne permet à ce stade d’identifier un risque pour le consommateur. Le risque bactérien est écarté par la cuisson« .

Didier Guillaume déclare : « Je tiens à  souligner la réactivité des services du Ministère de l’agriculture et de l’alimentation et des professionnels du secteur qui se sont mobilisés pour gérer cette crise en moins de 72 h. Cela démontre bien l’efficacité de notre système de traçabilité en France ».

Un scandale révélé par un journaliste polonais

L’affaire éclate deux jours après l’annonce de l’ouverture d’une enquête en Pologne sur l’abattage et la commercialisation de bovins malades par un abattoir local, dont une partie a été distribuée dans plusieurs pays de l’Union européenne. Le commissaire européen Vytenis Andiukaitis a annoncé une inspection en Pologne dès la semaine prochaine et il a appelé les autorités polonaises à assurer le respect des normes européennes. Ce scandale a été révélé par un journaliste polonais de la chaîne TVN24 qui a passé trois semaines incognito dans l’abattoir de Kalinowo.

2,7 tonnes livrées en Europe

Le ministre polonais de l’Agriculture parle d’un incident isolé. Selon Pawel Niemczuk, le responsable des services vétérinaires polonais, « 2,7 tonnes ont été vendues à des pays membres de l’UE« , à savoir en Finlande, Hongrie, Estonie, Roumanie, Suède, France, Espagne, Lituanie, Portugal et Slovaquie. L’alerte sanitaire concerne 13 pays de l’Union européenne pour l’instant.

Viande : qui contrôle quoi ?

Comment une telle tromperie à grande échelle est-elle possible alors même que l’Europe et la France sont censées imposer une batterie de contrôles sanitaires pour empêcher que de nouveaux scandales sanitaires puissent survenir ? L’association Foodwatch dénonce l’opacité pour les consommateurs, le manque de traçabilité et le sous-effectifs criants au sein des organes de contrôle : « Ce nouveau scandale sanitaire montre une fois de plus que la prévention et la traçabilité des circuits alimentaires sont insuffisants dans les pays européens, alors même que la réglementation en fait une obligation. De la viande avariée de Pologne aurait été retrouvée dans 9 entreprises françaises ?  Nous réclamons la totale transparence : quels sont les fabricants, les marques qui ont commercialisé cette viande ? Quels contrôles avaient été effectués ? Quelles failles ? Quelles mesures sont prises ? », interroge Karine Jacquemart, directrice générale de foodwatch.

En France, les contrôles officiels sont assurés par deux institutions : les services vétérinaires de Direction Générale de l’alimentation (DGAL, qui dépend du ministère de l’Agriculture) et la Direction  générale de la Concurrence, de la consommation, de la répression des Fraudes (DGCCRF).

Chaque année, environ 60 000 prélèvements sont effectués par a DGAL, donnant lieu à plus de 800 000 résultats d’analyses effectuées par des laboratoires agrées, encadrés par des laboratoires de référence. Chaque année, la DGAL pilote la mise en œuvre de plans de surveillance et de contrôle (PSPC) qui vise à surveiller la contamination des denrées alimentaires d’origine animales et végétales.

La DGCCRF établit également des plans de contrôle annuels à l’échelle nationale pour les entreprises dont l’activité est plus « sensible » : par exemple, effectuer des prélèvements microbiologiques dans les entreprises produisant de la viande hachée. Elle peut intervenir à toutes les étapes du processus : depuis l’arrivée d’un produit importé jusqu’à sa distribution en passant par la transformation et les prestataires (grossistes, fabricants, distributeurs), tous sont susceptibles d’être contrôlés. Le travail est assuré par environ 2000 agents formés pour intervenir sur tous les secteurs : de l’agroalimentaire en passant par le textile.

Au-delà de ce maillage réglementaire, la grande majorité des contrôles doit être assurée par les entreprises elles-mêmes : elles ont la responsabilité de mettre sur le marché des produits conformes et non-dangereux. Pour ce faire, elles établissent donc des chartes, procèdent à des auto-contrôles… Aucun contrôle officiel n’est obligatoire sur les produits alimentaires avant de se retrouver dans les rayons, les autorités effectuant simplement des contrôles de ces auto-contrôles.

Concernant le « circuit de la viande », les minerais de viande (parties non valorisables généralement utilisées pour les plats préparés) ne sont pas soumis aux mêmes exigences d’étiquetage et ce sont uniquement les entreprises qui sont censées faire des auto-contrôles. En décembre 2018, la France a été autorisée par l’Union européenne à poursuivre jusqu’au 31 mars 2020 l’étiquetage de l’origine de la viande et du lait dans les plats cuisinés. La France avait obtenu en 2016 de la Commission européenne le droit de tester à titre expérimental ce mode d’étiquetage en France pendant deux ans, jusqu’au 31 décembre 2018. Les agriculteurs comme les associations de consommateurs souhaitaient pouvoir maintenir le dispositif au-delà de cette date.

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La vérité est très souvent différente de ce que nous pensons, nous avons besoin d'un bon paquet d'humilité pour au moins le reconnaître...

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