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Athlétisme : Dopage, Corruption, Ce Que L’on Sait Du Scandale

Athlétisme : dopage, corruption, ce que l’on sait du scandale

Après le scandale de la Fifa qui a ébranlé le football mondial, c’est au tour de l’athlétisme d’être secoué par une affaire de corruption et de dopage de grande ampleur. Des responsables de la fédération internationale d’athlétisme, l’IAAF, et non des moindres, en particulier son ancien président Lamine Diack, sont soupçonnés d’avoir reçu des sommes d’argent en contrepartie de la couverture de pratiques dopantes, principalement en Russie.

La commission d’éthique de l’IAAF a annoncé vendredi avoir engagé des procédures disciplinaires contre quatre personnes dont son ancien responsable antidopage et un fils Diack. Ce lundi 9 novembre, le monde sportif attend avec impatience les conclusions d’une commission d’enquête indépendante de l’Agence mondiale antidopage (AMA) qui doit être dévoilé vers 15 heures à Genève, pour mieux cerner les tenants et les aboutissants de ce scandale.

L’affaire est sans précédents et risque d’être dévastatrice. Un des co-auteurs du rapport a déjà affirmé que ce rapport pourrait même « bouleverser le fonctionnement de ce sport ». Les grandes lignes sont déjà connues et de nombreux éléments ont fuité. Le point sur ce que l’on sait.

# Près d’un million de pots-de-vin

Avant même la publication du rapport, la justice française a mis en examen mercredi dernier l’ancien président de l’IAAF, le Sénégalais Lamine Diack en poste jusqu’en août 2015, pour corruption passive et blanchiment aggravé. Son conseiller juridique, l’avocat Habib Cissé, ainsi qu’un médecin, Gabriel Dollé, chargé de la lutte antidopage à l’IAAF jusque fin 2014, ont également été mis en examen, pour le seul chef de corruption passive.

De son côté, l’IAAF a engagé des procédures disciplinaires contre Gabriel Dollé, responsable de la lutte antidopage jusqu’en décembre 2014, Pape Massata Diack, un des fils de Lamine Diack, Valentin Balakhnichev, trésorier de l’IAAF jusqu’en décembre 2014 et ancien président de la Fédération russe, ainsi que son compatriote russe Alexei Melnikov, ancien entraîneur national de la marche. Une telle procédure visant Lamine Diack n’a pas été dévoilée. Ils sont soupçonnés d’avoir reçu des pots-de-vin en échange de la couverture de pratiques de dopage qui concernent des médaillés des derniers Jeux olympiques de Londres (2012).

Des chiffres circulent : entre 500.000 et un millions de dessous-de-table.

Pour Richard McLaren, un des co-auteur du rapport, c’est « un groupe de vieux messieurs qui se sont mis de l’argent dans les poches -via de l’extorsion et des dessous de table- mais qui ont également provoqué des changements significatifs dans les résultats et les classements des compétitions internationales d’athlétisme. »

Selon iTélé, Lamine Diack est suspecté d’avoir touché au moins 200.000 euros de la Fédération russe d’athlétisme (ARAF).

Le procédé est simple : Habib Cissé et Papa Massata Diack, alors conseiller marketing, vont récupérer des listes d’athlètes soupçonnés de dopage. Habib Cissé se rendra plusieurs fois à Moscou en 2011 pour communiquer cette liste à la fédération de Russie. « La Fédération russe va contacter les sportifs concernés et les prévenir qu’ils sont soupçonnés de dopage par l’IAAF. Et l’impensable va se produire : elle va faire chanter ses propres athlètes. Sur la garantie de ne rien révéler et de masquer les données du passeport biologique, afin qu’ils puissent participer aux Jeux, en échange d’une importante somme d’argent. », écrit Mediapart qui s’est déjà procuré le rapport.

Plusieurs sportifs russes, et une athlète turque, Asli Alptekin, médaillée d’or olympique à Londres, en 2012, ont notamment été victimes du réseau de corruption.

# Le clan Diack au centre du réseau ?

Le clan Diack, autour de Lamine, est au centre du système de corruption.

Lamine Diack, 82 ans, a présidé aux destinées de l’athlétisme mondial pendant 15 ans jusqu’à l’été dernier. « La corruption de la famille Diack est bien rodée, agencée à l’échelle internationale », affirme Médiapart. »De Monaco, siège de l’IAAF, en passant par le Sénégal et la Russie, jusqu’à Singapour », écrit le site d’informations. Il aurait monté une entreprise basée à Singapour, nommée ‘Black Tidings’ pour servir de société-écran pour les transferts d’argent. La compagnie appartiendrait à un associé de Papa Massata Diack et aurait par exemple servi à rembourser la marathonienne Liliya Shobukhovqui menaçait de tout balancer.

Papa Massata Diack a dû démissionner après des premières révélations sur l’affaire pas la chaîne allemande ARD. Le quotidien britannique avait aussi révélé que le fils de l’ancien président avait demandé 5 millions de dollars au Qatar, lors de la compétition pour l’attribution des championnats du monde d’athlétisme de 2017.

# La Russie au coeur du scandale

la Russie est impliquée en premier chef. La Fédération d’athlétisme n’aurait pas hésité à faire chanter ses propres athlètes pour qu’ils payent de leur poche le silence de l’IAAF sur leurs pratiques douteuses. Le rapport des enquêteurs de l’AMA parle de six sportifs russes. Parmi eux, la marathonienne Liliya Shobukhova, qui versera en trois fois et en cash 569. 000 dollars, entre janvier 2012 et juillet 2012, à l’entraîneur Alexey Melnikov, qui servira d’intermédiaire avec les sportifs.

« Un Etat qui couvre des cas, ça ne me paraît pas possible », estime Bruno Genevois, président de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). « Mais des fédérations qui couvrent, ce n’est pas impossible, même si ça suppose beaucoup de secrets, de cloisonnement ou alors beaucoup de complicités », note-t-il.

« On se pose des questions sur le Kenya, mais plus par absence même de moyens que par des complicités », développe aussi Bernard Amsalem,président de la Fédération française d’athlétisme et membre du comité exécutif de l’IAAF. « En Europe de l’Est, c’est encore différent, il y a le passé qui laisse des séquelles. Mais je crois plus qu’il s’agit de groupes ou d’entraîneurs qui trichent, pas les Etats ou fédérations. Il faut garder espoir, avec l’aide de financement d’autres pays », souligne-t-il.

De son côté, le nouveau secrétaire général de la fédération russe a affirmé vendredi vouloir améliorer le système national de lutte contre les tricheurs. « Il y a plein de problèmes dans notre système actuel de contrôles antidopage, qui est souvent incompréhensible pour nos athlètes et entraîneurs », a déclaré Mikhail Butov, cité par l’agence R-Sport.

« Certaines procédures sont trop longues et cela entraîne de la suspicion et des conjectures qui ne sont pas nécessaires », souligne-t-il.

Le secrétaire général ajoute que la fédération russe va envoyer à la fédération internationale (IAAF) des « propositions pour l’amélioration des procédures de contrôle antidopage ».

« La Russie suit le concept de ‘tolérance zéro' » en la matière, a également affirmé Mikhail Butov.

# Vers une réforme de l’IAAF

L’IAAF pourrait profiter de cette affaire pour faire le ménage. Son nouveau président, le Britannique Sebastian Coe, qui a reconnu les errements de l’organisation, voudrait ainsi réformer en profondeur lz mode de fonctionnement de l’instance, en particulier ses pratiques financières.

C’est ainsi qu' »une entreprise internationale d’experts comptables indépendants » a été mandatée pour réaliser « un examen approfondi des contrôles opérationnel et financier dans l’optique d’identifier toute faiblesse, ainsi que de faire des recommandations d’amélioration afin de s’assurer que l’IAAF opère un contrôle interne de la meilleure qualité ».

Source: http://tempsreel.nouvelobs.com/sport/20151109.OBS9091/athletisme-dopage-corruption-ce-que-l-on-sait-du-scandale.html

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La vérité est très souvent différente de ce que nous pensons, nous avons besoin d'un bon paquet d'humilité pour au moins le reconnaître...

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