Alimentation : les Français mangent de moins en moins de viande

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En dix ans, la consommation de produits carnés aurait reculé de 12%, selon une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc).

Selon une enquête du Credoc [1], les Français mettent moins de viande dans leur assiette : entre 2007 et 2016, nous avons diminué de 12% notre consommation de produits carnés de toutes natures (viande de boucherie, produits tripiers, charcuteries, volailles, gibiers, sous quelques formes que ce soit). Cette baisse dépasse même les 20% concernant les viandes dites « de boucherie » (bœuf, veau, porc frais, agneau, viande chevaline).

« L’évolution des modes de vie, les inquiétudes pour la santé, la sensibilisation à l’impact sur l’environnement, la question du bien-être animal et la hausse du prix de vente seraient autant de facteurs pouvant expliquer la baisse de consommation des produits carnés en France », écrivent les auteurs de l’enquête.

D’un côté, l’évolution des modes de vie semble entraîner une réduction du temps de préparation des repas, « au profit des plats prêts à manger ». Une recherche de praticité « [qui]se fait nécessairement au détriment des produits frais et non transformés ». De fait, la part des produits carnés contenus dans les sandwichs et les plats préparés est passé de 25% en 2007 à 30% en 2016.

Sociologie du steak

Dans les catégories socio-professionnelles les plus aisées, la consommation de produits carnés a chuté de 19 %.

« Les considérations de santé, d’impact sur l’environnement, de bien-être ani- mal sont des préoccupations plus développées aujourd’hui dans les classes sociales les plus favorisées : en 2018, [si]35 % des Français déclarent avoir limité leur consommation de viande [notamment pour ces raisons], cette proportion est de 43 % chez les cadres et professions libérales », soulignent les chercheurs.

Du côté des ouvriers, si une baisse de 15% est également observée, celle-ci semble motivée par l’augmentation des prix.

Un marqueur de différenciation sociale

Les auteurs observent que la consommation de fruits et de légumes est devenu un marqueur de différenciation sociale, et que « les personnes les plus modestes sont [désormais] moins consommatrices de fruits et légumes frais que les plus riches ».

Si la viande de bœuf garde globalement une bonne réputation d’un point de vue purement gastronomique – plus de 90% des personnes interrogées la considèrent comme faisant partie « des aliments que l’on a plaisir à manger » – 47% jugent qu’il s’agit « d’un aliment que l’on mange en trop grande quantité aujourd’hui ». 31% pensent qu’en produire est néfaste pour l’environnement. Environ une personne sur quatre est informée du fait qu’une consommation excessive augmente le risque de certains cancers, tandis qu’une proportion voisine juge qu’il s’agit d’un aliment qui apporte « trop gras et trop de protéines ».

Comparaison d’études réalisées en 2007, 2010, 2013 et 2016. La dernière a été réalisée auprès d’une cohorte 2500 adultes de 20 ans et plus et 1500 enfants, adolescents et jeunes adultes de 3 à 19 ans

Source

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